À Alimbongo et Kayna, l’assistance en transferts monétaires au service des familles.

DRC individuals during cash assistance program event.
Kanyere Hortense, 39 ans, mère de 5 enfants, vérifie le montant de son assistance du programme SAFER.
12 Août 2026

Mai 2026, Lubero (Nord-Kivu), RDC – Grâce au programme Assistance stratégique pour une réponse d’urgence en RDC (SAFER), financé par le Fonds Humanitaire en République Démocratique du Congo (FH RDC), Mercy Corps apporte une assistance en espèces à 9 750 ménages dans les zones de santé d’Alimbongo et de Kayna. Cette aide permet aux familles affectées par les conflits armés de couvrir leurs besoins les plus urgents, notamment l'alimentation et les biens essentiels de première nécessité, tout en leur laissant la liberté de décider de l'utilisation de l'assistance.

Drc individuals during cash assistance program event, in line, under tent.
Des participantes au programme SAFER respectent la distanciation physique lors d’un contrôle physique. Malgré l’absence de cas dans la zone, des mesures de prévention contre Ebola ont été intégrées à l’activité.

À Bulotwa, Kaseghe, Musalala, Matembe et Kitsombiro, dans le territoire de Lubero au Nord-Kivu, de nombreux ménages retournés et déplacés tentent de reconstruire leur vie après avoir fui les affrontements entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et le M23 à partir de décembre 2025. Pendant leur déplacement, beaucoup ont perdu leurs récoltes, leurs biens et leurs moyens de subsistance. Depuis février 2026, la zone connaît à la fois des mouvements de retour et de déplacement, tandis que les ménages continuent de faire face à d’importantes difficultés : réserves alimentaires épuisées, manque de biens essentiels et absence de nouvelles récoltes.

Pour répondre à cette situation, Mercy Corps met en œuvre une assistance en espèces non conditionnelle permettant aux ménages d'accéder rapidement aux produits alimentaires et aux biens essentiels dont ils ont besoin pour faire face à la crise.

Répondre à l'urgence avec dignité

Kavira Sabuni Justine, 29 ans, mère de quatre enfants et enceinte, a fui l'insécurité à Buleusa, dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, avec toute sa famille. Après deux jours de marche, ils sont arrivés à Bulotwa où une famille d'accueil leur a ouvert ses portes.

Sur place, les deux ménages, composés de douze personnes au total, vivent dans une promiscuité qui complique davantage leur quotidien. Le manque d'espace, la rareté des ressources et l'insécurité alimentaire marquent leur vie de tous les jours. « Souvent, nous mangions seulement des légumes avec du foufou », raconte Kavira.

Pour cette mère enceinte, l'assistance représente avant tout un soulagement face aux difficultés que traverse sa famille.

« Après plusieurs mois à manger seulement des légumes, pouvoir choisir ce que nous allons manger est quelque chose de très important pour moi. En tant que mère et en tant que femme enceinte, cela me rassure de savoir que je peux mieux nourrir mes enfants et moi-même. Je me sens respectée et soulagée », explique-t-elle.

Grâce à cette assistance, Kavira prévoit d'acheter de la farine de manioc, des haricots et de l'huile, mais aussi de louer un logement plus adapté à sa situation.

Drc woman sitting in her living space, with cooking pot in background.
Déplacée par le conflit, Kavira Sabuni, participante au programme SAFER, est assise dans la maison de sa famille d’accueil.

Une aide pour reconstruire son quotidien

À Musalala, l'un des villages ciblés par le programme, Kahambu Makuta Eugénie, 23 ans, mère de trois enfants, tente de reconstruire sa vie après son retour. Comme de nombreux ménages retournés affectés par le conflit, elle cherche à rétablir progressivement les conditions de vie de sa famille.

Si l'amélioration de l'alimentation reste sa priorité immédiate, Kahambu voit également dans cette assistance une opportunité de répondre à d'autres besoins du ménage selon ses propres priorités.

« Ça fait longtemps que nous n'avons pas mangé selon notre goût. Il est vrai que nous avons besoin de beaucoup de choses pour notre maison, mais une bonne partie de l'assistance sera consacrée à mieux manger à partir d'aujourd'hui. »

Elle prévoit également d'acheter des assiettes et des bidons pour le stockage de l'eau potable.

Pour Kahambu, la valeur de cette assistance réside aussi dans la liberté qu'elle offre aux familles de décider elles-mêmes de l'utilisation des ressources reçues, en fonction de leurs besoins les plus urgents.

Une assistance accessible et adaptée

L’approche de Mercy Corps ne se limite pas à la distribution d’argent. Elle intègre également des mécanismes de redevabilité afin de rendre l’assistance accessible, sûre et adaptée aux besoins exprimés par les communautés.

Kahambu cite notamment l’exemple de sa cousine, qui a nouvellement accouché et qui vit à plus de deux heures de marche du site d’assistance de Kaseghe. En raison de la distance, de l’état dégradé des routes et de l’insécurité sur le trajet, Mercy Corps a facilité son transport ainsi que celui d’autres personnes à besoins spécifiques afin qu’elles puissent accéder à leur assistance dans de meilleures conditions.

« Quand elle m’a raconté cela, [parlant de sa cousine], j’ai vraiment apprécié le sens d’écoute de nos doléances. Kanyatsi est loin, la route est difficile et il pourrait y avoir de l’insécurité », témoigne Kahambu.

Drc individuals, one a mercy corps employee, sitting together outside the other's home.
Kahambu Makuta, participante au programme SAFER, lors de l’identification des ménages devant bénéficier de l’assistance.

Pour les participants, ce type d’accompagnement est aussi important que l’assistance elle-même. Être écouté, orienté et soutenu pour accéder aux services en toute sécurité contribue à renforcer la confiance envers l’intervention.

Selon Faida Sumaili Patricia, membre de l’équipe Cash de Mercy Corps, cette approche vise à placer les ménages au centre de la réponse humanitaire.

« L’assistance en espèces permet aux familles de prioriser elles-mêmes leurs besoins. Notre rôle est de garantir un processus sûr, accessible et redevable afin que les participants puissent utiliser l’aide selon leurs réalités, tout en favorisant l’achat de nourriture et d’articles ménagers essentiels. »

Bien plus qu’un transfert monétaire

Après des mois de déplacement, de pertes et d’incertitudes, les familles affectées par le conflit cherchent avant tout à couvrir leurs besoins vitaux et à retrouver un minimum de stabilité. Dans les zones de santé de Kayna et d’Alimbongo, l’assistance en espèces du programme SAFER leur permet d’accéder rapidement à la nourriture et à d’autres biens essentiels, contribuant ainsi à atténuer les effets immédiats de la crise. Au-delà de cette réponse aux besoins les plus urgents, elle offre aux ménages la possibilité de choisir eux-mêmes les solutions les mieux adaptées à leur situation et à leurs priorités, renforçant ainsi leur capacité à faire face à la crise avec dignité et autonomie.