Cultiver des solutions contre la faim pour les familles touchées par les conflits et les déplacements

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Mercy Corps répond aux besoins alimentaires urgents de plus de 24 904 personnes déplacées et leurs hôtes à Nyankunde cette semaine, marquant la fin de huit mois d'assistance dans la zone. Cette intervention, la plus grande opération par zone de Mercy Corps en Ituri en 2021, a fourni plus de 6 tours d'aide d'urgence à plus de 57 110 personnes touchées par le conflit et le déplacement. 

 

À tout juste 20 ans, Grace Ganisikale, mère de deux enfants, sait ce que c'est que de reconstruire sa vie à partir de rien. En avril 2021, la violence a éclaté à Nyankunde, une localité située à 45 km de Bunia, la forçant, comme des milliers d'autres personnes, à fuir dans les collines pour se mettre à l'abri. Dans ce chaos, elle a été séparée des membres de sa famille. “Nous avons tous fui dans des directions différentes,” a déclaré Grace, qui a fui vers Komanda, la ville voisine, avec ses deux jeunes enfants.

En septembre, les violences ont aussi frappé Komanda. Grace a de nouveau fui avec ses enfants, mais cette fois en direction de leur ville de provenance. Là, elle a retrouvé sa famille, dont beaucoup étaient progressivement retournés à Nyankunde à la suite d’une restauration de la situation sécuritaire.

Le soulagement de leurs retrouvailles a vite été éclipsé par l'inquiétude, car la famille, coupée de ses champs en raison de l'insécurité persistante aux alentours de la ville, s'affaiblit à cause de la faim.

“Notre vie d’avant était basée sur les champs. Nous nous sommes nourris et avons fait du commerce à partir du manioc, des patates douces et des bananes que nous avons cultivées là-bas. En rentrant nous avions eu peur trop peur d’y aller car il y avait encore l'insécurité. Nos maisons étaient aussi pillées. On n’avait rien. On était vraiment affamées,” dit Grace.

Grace et sa famille étaient parmi plus de 6 656 ménages qui avaient fui la violence à Komanda et Makayanga vers Nyankunde en septembre 2021 alors que Mercy Corps était déjà en train d'assister 6 418 autres ménages retournés, soit 28 588 personnes. Cette nouvelle vague de personnes déplacées a doublé la taille de la population et augmenté la sévérité des pénuries en nourriture et en eau.

Répondre à une double pression sur l'approvisionnement en nourriture et en eau

Christine Maikolu, 40 ans, a également fui son village à Nyankunde lorsque les violences ont éclaté en Septembre. « En arrivant ici, mes enfants ont commencé à faire des diarrhées et des vomissements, avec des frissons et de la fièvre la nuit », raconte Christine, qui nous montre la salle de classe où elle et ses jeunes enfants dorment au centre de Marabo.

 

Lors d'une évaluation menée par Mercy Corps en novembre 2021, plus de 85 % des familles nouvellement déplacées ont déclaré que leurs enfants avaient eu la diarrhée depuis qu'elles avaient fui la région. Afin de prévenir rapidement les risques de maladies d'origine hydrique, Mercy Corps a mis en place deux réservoirs d'eau pour alimenter en eau potable 43 000 personnes dans les sites de déplacés, soutenu par le peuple américain à travers le Bureau for Humanitarian Assistance (BHA) de l'USAID. Cette action a été rapidement suivie par la construction de latrines publiques et de douches, couplée à la réhabilitation permanente de 13 points d'eau, à des activités de promotion de l'hygiène et à la distribution de kits d'hygiène, ce qui a rapidement entraîné une baisse de 77% des diarrhées chez les enfants de moins de cinq ans.

« La santé des enfants s'est améliorée. Nous remercions Mercy Corps de nous avoir aidé avec l'eau. Le plus grand défi qu'on a maintenant est la faim, nous n'avons rien à manger  », a-t-elle déclaré.

Un cercle vicieux de conflits, déplacements et faim

Près de 27,3 millions de personnes en RDC sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une personne sur trois, ce qui fait que la RDC abrite le plus grand nombre de personnes ayant un besoin urgent d'assistance en matière de sécurité alimentaire au monde. Dans la province d'Ituri, où le programme d'urgence de Mercy Corps fournit une assistance vitale, plus de 1,7 million de personnes sont déplacées et près de la moitié de la population, soit 2 885 241 personnes, est confrontée à des niveaux de faim critiques.

 Les familles déplacées sont parmi les plus vulnérables, puisque l'insécurité et la violence active les empêchent d'accéder à leurs champs, à leur nourriture et à leurs moyens de subsistance. Bien que les personnes déplacées aient souvent la chance de rester avec des familles d'accueil, leur présence réduit souvent les réserves de nourriture au vu des  ressources limitées, ce qui ajoute de la pression sur les communautés locales et augmente les besoins de la population dans son ensemble.

« Les familles déplacées qui proviennent de komanda sont venues nous trouver alors que nous venions de rentrer de deplacement et n'avions rien à manger ou boire pour nous-memes », a déclaré Badouin Emberamu qui vit avec sa femme Marie, et leurs petits-enfants. Eux aussi sont revenus pour trouver leur maison et leurs champs pillés.

 

Compte tenu des niveaux d'insécurité alimentaire élevés à Nyankunde, Mercy Corps a lancé deux interventions d'urgence, en commençant par le programme SAFER, financé par le gouvernement britannique à travers UKAID et mis en œuvre par un consortium de cinq ONG internationales, avec Mercy Corps comme lead.

« SAFER est un programme de réponse rapide qui fournit une aide d'urgence vitale en reconnaissant que les familles déplacées par le conflit ou qui reviennent d'un conflit ont souvent abandonné tout ce qu'elles possédaient et n'ont qu'un accès très limité à la nourriture, à l'eau, aux vêtements et aux articles ménagers de base », explique Trisha Bury, Directrice du Programme D'urgence de Mercy Corps en RDC.

Répondre à la faim par une aide immédiate et des solutions agricoles à plus long terme

A Nyankunde, SAFER a offert une première assistance en nourriture, articles ménagers essentiels, eau potable et latrines, touchant 6 480 familles de retour en septembre, et 3 065 personnes nouvellement déplacées et leurs hôtes en novembre.

« Pendant la première intervention de Mercy Corps, nous avons priorisé l’achat d’un matelas, car jusque-là, on dormait tous par terre. On avait aussi pris de haricots, l’huile et le savon, qu’on partage avec la famille déplacée qui reste chez nous », dit-Badouin.

Malgré cette première série de distributions rapides pour soulager la population, les besoins en sécurité alimentaire des familles qui dépendent de l'agriculture sont restés élevés, beaucoup d'entre elles étant toujours coupées de leurs champs. Mercy Corps a donc décidé d'intervenir avec un deuxième programme, PHASE, un programme de sécurité alimentaire d'urgence soutenu par le peuple américain à travers le Bureau for Humanitarian Assistance (BHA) de l'USAID.

« PHASE fournit une assistance provisoire pour garantir aux familles un approvisionnement prévisible en aliments nutritifs jusqu'à ce qu'elles soient en mesure de reprendre leurs activités de subsistance ou agricoles. Le projet s'efforce également de fournir des solutions agricoles alternatives pour que les familles disposent d'un approvisionnement alimentaire permanent  », explique Trisha Bury.

 

La première phase de la foire alimentaire a eu lieu en novembre, et a été suivie de trois autres foires dont la dernière a eu lieu entre le 26 avril et le 5 mai 2022. Ces foires, qui ont touché plus de 57,110 familles, ont été organisées par Mercy Corps en collaboration avec les commerçants locaux et visent non seulement à répondre aux besoins immédiats de la population cible mais aussi à stimuler la reprise économique dans la région en soutenant des marchés locaux.

« En arrivant ici nous avons trouvé nos maisons brûlées, et nos bêtes pillées. On n’avait pas moyen d’y vivre » dit Steven Baraka, 23 ans, dont le père a été tué lors des violences d'avril 2021. Depuis son retour à Nyankunde, il reconstruit lentement la boucherie de la famille. Mais comme peu de revenus circulent dans l'économie locale, il lui a été difficile de reprendre les ventes. En tant que bénéficiaire et vendeur, il est en mesure de répondre aux besoins immédiats de sa famille et d'augmenter ses revenus pour commencer à réinvestir dans l'avenir de sa famille.

« Depuis que Mercy Corps nous a assisté, nous avons des vivres dans nos maisons, du haricot, du riz, de l’huile. Les conditions se sont améliorées. A la foire de Mercy Corps, je peux écouler 3 vaches par jour, ce qui est beaucoup plus que je puisse vendre en dehors de la foire. Avec mon bénéfice, je compte construire même une petite maison pour ma famille, parce que depuis notre rentrée nous vivons dans des conditions difficiles » dit-il.

 

Pour Grace, dont la famille est toujours coupée de ses champs en raison de l'insécurité, le projet Phase de Mercy Corps a également apporté un double accompagnement.

« Aujourd'hui, j'ai pris du riz, du haricot, de l'huile et du sel », dit Grâce, en emportant la nourriture achetée à la foire à la maison qu'elle partage avec sa famille. Sept mois après leur retour, Grace et sa famille cultivent des légumes plus près de chez eux.

« Mercy Corps est venu nous former aux techniques du permagarden. Ils nous ont montré comment fertiliser soigneusement le sol et planter des légumes, tout en adoptant des techniques qui ne nécessitent pas beaucoup de l'eau, de sorte que même pendant la saison sèche, nous avons des légumes à manger près de chez nous », explique Grace, dont la famille est l'une des 528 ménages qui ont été formées en techniques de jardinage permanent sur les parcelles de démonstration du quartier.

Pour démarrer le permagarden, elle a reçu de Mercy Corps des outils de jardinage et des semences de légumes.

« Dans notre jardin, nous avons maintenant des amaranthes, des poireaux, des feuilles de courge et des épinards. Cela nous aide à survivre. Nous mangeons des légumes régulièrement maintenant, ce qui nous aide non seulement à survivre mais aussi à vivre mieux », dit Grace, ajoutant qu'elle a constaté une amélioration de la santé de ses enfants maintenant qu'ils mangent plusieurs fois par jour.

Comme Grace, Francine Uyera, a également constaté un changement positif dans son ménage.

“Comme nous mangions bien avec l'aide de Mercy Corps, nous avons pu retourner travailler dans les champs”, explique cette jeune femme de vingt ans, qui est revenue à Nyankunde en juillet après avoir été déplacée lors des violences d'avril 2021. Elle a reçu trois séries d'aide, une première de  SAFER et deux séries par le biais de PHASE. La maison de Francine a été incendiée lors des violences avec tous ses biens à l'intérieur, y compris sa précieuse machine à coudre.

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Francine avec la nouvelle machine à coudre achetée avec l'argent qu'elle a économisé après son retour aux champs. "Comme nous mangions bien avec l'aide de Mercy Corps, nous avons pu retourner travailler dans les champs," dit-elle.

“Avant j'avais une machine à coudre, mais c'était aussi pillé. Avec cette machine j'avais toujours assez à bien vivre, mais maintenant c'est difficile”, a-t-elle déclaré en novembre. “Je veux juste que ma vie redevienne ce qu'elle était avant”, a-t-elle ajouté.

Aujourd'hui enceinte de six mois, elle est pleine d'espoir pour l'avenir de sa jeune famille.

« J'ai pu acheter cette machine grâce à l'épargne que j'avais de notre travail dans les champs », dit-elle, en nous montrant fièrement la machine à coudre, pour laquelle elle a économisé pendant les mois qui ont suivi notre première rencontre. “Avec cette machine, nous allons pouvoir compléter nos revenus des champs. Nous n'aurons plus à nous soucier de notre alimentation. Je ne suis plus inquiète pour l'avenir”, dit-elle, rayonnante.

 

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English version:

Cultivating solutions to beat hunger for families affected by conflict and displacement

Mercy Corps is responding to the urgent food needs of more than 24,904 displaced people and their hosts in Nyankunde this week, marking the end of eight months of assistance in the area. This intervention, Mercy Corps' largest area-based operation in Ituri in 2021, has provided more than 6 rounds of emergency assistance to 57,110 people affected by conflict and displacement.

At just 24 years-old, Grace Ganisikale, mother of two, knows what it is like to rebuild one’s life from scratch. In April 2021, violence broke out in Nyankunde, a localite 45km from Bunia, forcing her and thousands of others to flee into the hills to seek safety. In the chaos, she was separated from her family members. “We all fled in different directions,” said Grace, who fled towards neighbouring Komanda with her two young children.

In September, the violence reached Komanda. Again, Grace fled with her kids, but this time in the direction of their hometown. There she was reunited with her extended family, many of whom had been gradually returning to Nyankunde as the security situation settled.

The relief of their reunion was soon overshadowed by worry as the family, cut off from their fields due to continued insecurity, grew weak from hunger.

“Our life before was based on our fields. We ate and traded based on the manioc, sweet potatoes and bananas that we grew there. When we came back, we were too afraid to go into the fields because there was still insecurity. Our houses were also looted. We had nothing. We were really hungry,” said Grace.

Grace and her family were among more than 6,656 households that fled violence in Komanda and Makayanga in September 2021 in the direction of Nyankunde, where Mercy Corps was already assisting 6,418 households, or 28,588 people, returning from the April 2021 violence. This new wave of displaced people doubled the population size and increased the severity of food and water shortages.

Addressing a double strain on water supplies

Christine Maikolu also fled her village in Komanda when the violence broke out in September. "When we arrived here, my children started having diarrhea and vomiting, with chills and fever at night," says Christine, who shows us the classroom where she and her young children sleep at the Marabo center.

In an assessment conducted by Mercy Corps in November, more than 85 percent of newly displaced families reported that their children had experienced diarrhea since fleeing the area. To rapidly respond to the prevalence of waterborne illnesses, Mercy Corps set up two water tanks to provide clean water to 43,000 people, supported by the American people through USAID's Bureau for Humanitarian Assistance (BHA). This was quickly followed by the construction of public latrines and showers, coupled by the permanent rehabilitation of 13 water points, hygiene promotion activities, and the distribution of hygiene kits, which soon resulted in a 77% decrease in diarrhea among children under five.

“Children's health has improved. We thank Mercy Corps for helping us with the water. The biggest challenge we have now is hunger, we have nothing to eat,” she said.

Families caught in a vicious cycle of displacement and hunger

Nearly 27.3 million people in DRC are acutely food insecure, making DRC home to the largest number of people in urgent need of food security assistance in the world. In Ituri province, where Mercy Corps' emergency program is providing life-saving assistance, more than 1.7 million people are displaced and nearly half of the population, or 2,885,241 people, face critical levels of hunger. Displaced families are among the most vulnerable, as insecurity and active violence prevent them from accessing their fields, food and livelihoods. Although displaced families often have the chance to stay with host families, their presence often reduces food and water supplies in the face of limited resources, adding pressure on local communities and increasing the needs of the entire population.

“The families displaced from Komanda came here to seek shelter although we had just returned home and had no food or water for ourselves,” said Badouin Emberamu who lives with his wife Marie, and their grandchildren. They too returned to find their house and fields pillaged.

Given the acute levels of food insecurity in Nyankunde, Mercy Corps launched two additional emergency interventions starting with the SAFER program, funded by the UK government through UK AID and implemented by a consortium of five NGOs with Mercy Corps as lead.

“SAFER is a rapid response program that provides life-saving emergency assistance in recognition that families displaced by or returning from conflict have often abandoned everything they own and have very limited access to food, water, clothing, and basic household items,” said Trisha Bury, Mercy Corps' Emergency Program Director in DRC.

Meeting hunger with immediate relief and longer-term agricultural solutions

In Nyankunde, SAFER offered an initial round of assistance with food and essential household items, reaching 6480 returning families in September, and 3065 newly displaced families and their hosts in November.

“During Mercy Corps' first intervention, we prioritized the purchase of a mattress, because until then we were all sleeping on the floor. We also took beans, oil and soap, which we share with the family that is hosting us,” said Badouin.

Despite this first round of rapid life-saving assistance, the food security needs of families reliant on farming remained high, with many still cut off from their fields. Mercy Corps decided to intervene with a second program, Phase, an emergency food security program supported by the American people through USAID's Bureau for Humanitarian Assistance (BHA).

“PHASE provides interim assistance to ensure families have a predictable supply of nutritious food until they are able to restart their livelihood or farming activities. The project also works to provide alternative agricultural solutions for families to have permanent food supplies” explains M. Bury.

The first phase food fair took place in November, and was followed by three additional fairs, two for returning families, and two for the newly displaced, the final held between 26 avril et 5 mai 2022. These fairs, which reached more than 12,829 families, or 57,110 people, were organized by Mercy Corps in collaboration with local vendors.

These fairs, in which participants receive vouchers in the place of cash to purchase supplies for their families, aim not only to meet the immediate needs of the target population, but also to stimulate economic recovery by supporting local markets and vendors, like Steven Baraka, whose father was killed in the april 2021 violence and has been slowly rebuilding the family butcher alone since his return to Nyankunde. "When we arrived home we found our houses burned, and our livestock looted. We had no way to make a living,” said-Steven. With little revenue circulating in the local economy, it has been difficult for him to pick-up business. As both a beneficiary and a vendor, he is able to meet his family’s immediate needs and boost his income to start re-investing in his family’s future.

“Since Mercy Corps assisted us, we have food in our houses, beans, rice, oil. Conditions have improved. At the Mercy Corps fairs, I can sell three cows a day, which is much more than I can sell outside the fair. With my profit I plan to build even a small house for my family, because since we returned home we have been living in difficult conditions,” he said.

For Grace, whose family is still cut off from their fields due to insecurity, Phase has also provided two-prong support.

“Today I took rice, beans, oil and salt,” says Grace, carrying home the food supplies she selected at the final fair. Seven months after their return home, Grace and her family are now able to get by on vegetables grown much closer to home.

“Mercy Corps came to train us on permagarden techniques. They showed us how to properly fertilize the soil, plant vegetables with techniques that don't require a lot of water, so that even in the dry season we have vegetables to eat close to home,” said Grace, whose family is one of 528 that was trained in permagarden techniques through neighbourhood demonstration plots. To kickstart the garden, she received gardening tools and vegetable seeds.

“In our garden now we have amaranth, leek, squash and spinach. It helps us for survival. We eat vegetables regularly now, which helps us not just survive but also live better,” says Grace, adding that she has seen an improvement in her children’s health now that they are eating multiple times per day.

​​Like Grace, Francine Uyera, has also seen a positive shift in her household.

“Because we were eating well with the assistance of Mercy Corps, we were able to return to work in the fields,” says the twenty year-old, who returned to Nyankunde in July after being displaced in the April 2021 violence, and received three rounds of assistance, a first from SAFER and two rounds through PHASE. Francine’s house was burnt down in the violence with all of her belongings inside, including her precious sewing machine.

“Before I had a sewing machine, but it was stolen in the violence. With this machine I always had enough to live on, but now it's hard” she said in November. "I just want my life to go back to the way it was before,” she said.

Now six months pregnant, she is hopeful for her young family’s future.

“I was able to buy this machine with the savings I earned from our work in the fields,” she said, showing us the sewing machine she saved up for in the five months since we first met. “With this machine, we will be able to supplement our income from the fields. We won't have to worry about eating. I'm not worried about the future anymore,” she says, beaming.