Répondre aux besoins actuels, avec des ressources et des partenariats pour les épidémies futures

Mercy Corps employee stands in front of office.

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Dans les six mois qui ont suivi la fin de la 10eme épidémie d’Ebola, Mercy Corps a continué à travailler avec les communautés vivant dans certaines des zones les plus touchées de la province du Nord-Kivu pour s'assurer qu'elles avaient les connaissances et les moyens nécessaires pour prévenir la propagation du virus Ebola, en cas de retour de celui-ci. 

Plus de 141, 500 personnes touchées par le projet de 13 mois financé par le Fonds humanitaire de la RDC au Nord-Kivu ont maintenant accès à l'eau, à des installations sanitaires et à l'hygiène. L’accès à ces services va les aider à prévenir et à se protéger contre des maladies mortelles, dont le virus Ebola, qui est revenu dans la province en février 2021.

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L’accès aux services d'eau, d'hygiène et d'assainissement adéquats est un défi majeur pour près d’un million d’habitants de la ville de Butembo, un important centre commercial en province du Nord Kivu. Ce qui expose les habitants à un grand risque de contamination aux maladies infectieuses.

« On s’attendait aux maladies » dit Gérard Kalipe, âgé d’une soixantaine d’années, père de 8 enfants et président du comité de gestion des latrines du marché de Vichai en ville de Butembo. 

« Les deux portes de latrines étaient insuffisantes, vu le nombre des personnes qui fréquentent ce marché elles n’étaient pas propres. En plus, on n’avait pas d’eau pour le lavage des mains ni pour la propreté des latrines et du marché. On avait trop peur d’attraper des maladies, surtout avec l’épidémie à virus Ebola » dit-il. 

Cela n’était pas l’unique préoccupation de Gérard. Au fur et à mesure que le nombre de cas positifs des personnes contaminées à la maladie à virus Ebola augmentait dans la ville de Butembo, la fréquentation diminuait aussi au niveau du marché de Vichai.

Les provinces orientales du Nord-Kivu, de l'Ituri et du Sud-Kivu ont été l'épicentre de l'épidémie d’Ebola la plus importante et la plus meurtrière en République démocratique du Congo, qui a duré 24 mois et a causé jusqu'à 3470 infections et 2287 décès. L'épidémie d’Ebola, la dixième en RDC, a aggravé la crise humanitaire de longue date dans la région, où plus d'une décennie de conflits et de déplacements a érodé les services de base, les infrastructures et la confiance des communautés.

L'engagement de la communauté avant, pendant et après les épidémies

Mercy Corps a commencé à répondre à la 10e épidémie d'Ebola début 2019 en collaboration avec le gouvernement, la société civile et les acteurs internationaux. Fort de son expertise dans les domaines de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène, Mercy Corps a rapidement mobilisé du personnel et des ressources pour construire de meilleures infrastructures. Il a également mené des actions de sensibilisation à la prévention des infections dans les zones touchées.

A partir de septembre 2019, Mercy Corps a élargi cette réponse pour identifier les besoins de base dans les zones de santé de Butembo, Katwa, Musienene, Lubero et Alimbongo au Nord Kivu, avec le soutien du Fonds Humanitaire de la RDC, un mécanisme de financement commun basé dans le pays et à plusieurs donateurs qui alloue des ressources aux interventions urgentes pour sauver des vies.

Ces zones, qui ont connu un nombre important de cas d'Ebola, faisaient également partie de celles où le niveau d'insécurité était élevé. Dans certains cas, les équipes Ebola ont été directement visées par des attaques violentes. Entre-temps, les rumeurs, la désinformation et la politisation de la réponse ont rendu difficile la dissipation de la méfiance de la communauté. Ce qui a gravement affecté le travail des intervenants.

Fort de cette expérience, Mercy Corps, a dû changer d'approche pour placer l'engagement de la communauté au centre de la réponse avant, pendant et après les épidémies.

Dans cette optique, Mercy Corps a créé 18 cellules d'action communautaire (CAC) dans les zones touchées par le virus Ebola qui, après avoir reçu une formation en matière de protection et de genre, ont identifié et élaboré des plans d'action pour répondre aux besoins les plus urgents de leurs communautés. Mercy Corps a ensuite établi un partenariat avec les CAC, pour les aider à répondre à leurs besoins en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène.

Congolese girl washing hands.
Pour Sarah Kahindo* 14 ans, et sa famille, les consultations leur ont permis de donner leur avis sur la location de 11 nouveaux robinets d'eau dans leur quartier, que Mercy Corps a reliés au réseau principal d'eau de Butembo. Sarah et sa famille ont désormais accès à l'eau dans un rayon proche de leur domicile, ce qui réduit leur temps de marche aller-retour de 2 heures à moins de 30 minutes.

Au cours du programme, les CAC ont supervisé la construction de plus de 100 installations, allant des forages aux réservoirs d'eau, fontaines, latrines et stations de lavage des mains qui desservent les quartiers, les marchés et les centres de santé. Ils ont travaillé en étroite collaboration avec leurs communautés, consultés sur l'emplacement de chaque installation et ont aussi supervisé la sélection des travailleurs locaux sur la base d'un travail rémunéré en espèces. Les CAC ont également mis en place des comités chargés des travaux de construction, de réparation et d'entretien. Une garantie, garantissant la propriété locale des infrastructures et leur durabilité à l'avenir.

Grâce à des installations nouvelles et améliorées en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène, le projet a renforcé la capacité des habitants à prévenir la propagation d'Ebola et à répondre, ensemble, aux épidémies actuelles et futures.

À Butembo, une ville qui a connu 11 nouveaux cas d'Ebola depuis février, la construction de 14 nouvelles portes de latrines et d'un système d'approvisionnement en eau au marché a permis à la communauté de respecter les mesures d'assainissement, comme le lavage des mains, dans des espaces publics par ailleurs essentiels. Ce qui leur a permis de poursuivre leur vie quotidienne et leurs moyens de subsistance.

« Nous sommes reconnaissants que Mercy Corps et son bailleur de fonds aient entendu nos cris de détresse. » déclare Gérard, qui fait chaque matin le tour du marché avec son microphone en main pour partager des messages de sensibilisation sur les bonnes pratiques d’utilisation de ces latrines, les lavages de mains mais aussi sur la propreté du marché.

Congolese community leader speaks to group in market setting.
Gerard Kalipe, président du comité de gestion des latrines du Marché de Vichai a Butembo, Nord Kivu

Petit à petit, les clients et vendeurs qui ne venaient plus commencent à revenir au marché, comme M. Lwanzo, vendeuse de légumes : « Comme je suis enceinte, je ne venais plus vendre à ce marché. Je craignais beaucoup pour ma santé et celle de mon bébé. C’est depuis que les travaux de ces nouvelles latrines sont finis que je suis revenue », confie-t-elle.

Pour Mercy Corps, ce projet a permis de renforcer la confiance des communautés locales et de jeter les bases d'un partenariat accru pour la prévention et le contrôle des infections, avant, pendant et après les épidémies.

« Je vais travailler pour la protection de cette infrastructure afin que cette maladie à virus d’Ebola n’exterminent pas ma communauté », conclut Gérard avec un signe des mains pour montrer sa détermination.


English version:

Meeting water, sanitation and hygiene needs today, with resources and partnerships for future epidemics

In the six months following the end of the Democratic Republic of Congo’s largest and deadliest Ebola outbreak, Mercy Corps continued working with communities living in some of the hardest-hit areas of North Kivu province to ensure they had the knowledge and means to prevent the spread of the Ebola virus, in case of its resurgence.

More than 141,500 people reached by the 13-month project funded by the DRC Humanitarian Fund in North Kivu, now have access to water, sanitation and hygiene facilities, to help them to prevent and protect against deadly diseases, including Ebola, which was re-detected in the province in February 2021.

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For the one million people living in the city of Butembo, a major commercial center in DRC’s North Kivu province, there is limited access to adequate water, hygiene and sanitation services.  This leaves residents highly exposed to infectious diseases. 

"Whenever there were outbreaks, we expected to fall sick," said Gerard Kalipe, a 60-year-old father of eight and chairman of the latrine management committee in the Vichai market in Butembo. 

"The two latrine doors we had at the market were insufficient given the number of people who visit each day. They were not clean. In addition, there was no water for hand washing or for cleaning the latrines and the market stalls. We were constantly afraid of catching diseases, especially with the outbreak of Ebola," he said. 

Gerard was not the only one that was worried. As the number of Ebola cases rose in Butembo, there was a sharp decrease in the number of vendors and customers at the market.  

The eastern provinces of North Kivu, Ituri and South Kivu were the epicenter of the country’s 10th Ebola outbreak, which lasted for 24-months and saw as many as 3,470 infections and 2,287 deaths.  The outbreak compounded the region’s long-standing humanitarian crisis, where more than a decade of conflict and displacement has eroded basic services, infrastructure and community trust. 

Engaging communities before, during and after epidemics

Mercy Corps began responding to the 10th Ebola outbreak in early 2019 joining government, civil society and international actors to stop its spread. With expertise in water, sanitation and hygiene, Mercy Corps quickly mobilised staff and resources towards building improved infrastructure and conducting awareness-raising towards infection prevention in affected areas.

From September 2019, Mercy Corps expanded this response to identify and address gaps in basic needs across the Butembo, Katwa, Musienene, Lubero and Alimbongo health zones in North Kivu,with support from the DRC Humanitarian Fund, a multi-donor country-based pooled funding mechanism that allocates resources to the most urgent life-saving interventions in the country.

These zones, which saw a significant number of Ebola cases, were also among those with high levels of insecurity. In some cases, Ebola teams were directly targeted in violent attacks. Meanwhile, rumours, misinformation, and politicization of the response made it difficult to quell community mistrust, severely impacting the work of responders. 

For Mercy Corps, this experience called for a change in approach to put community engagement at the centre of the response: before, during and after outbreaks.

With this in mind, Mercy Corps established 18 community action cells (CACs) in Ebola-affected areas, who, following training in protection and gender, identified and drew up action plans to meet the most pressing needs in their communities. Mercy Corps then partnered with the CACs, to help them meet their water, sanitation and hygiene needs. 

Over the course of the program, the CACs oversaw the construction of more than 100 facilities, from boreholes to water tanks, reservoirs, fountains, latrines and handwashing stations that service neighborhoods, markets and health centres. They worked closely with their communities, consulting with residents on the site location of each facility and overseeing the selection of local workers on a cash-for-work basis. They also set up committees responsible for construction, repair and maintenance work, ensuring local ownership over the infrastructure and its sustainability into the future. 

Through new and improved water, sanitation and hygiene facilities, the project has bolstered the capacity of residents to prevent the spread of Ebola and respond, together, to current and future epidemics, including the COVID-19 pandemic.

In Butembo, a city that has seen 11 new cases of Ebola since February, the construction of 14 new latrine doors and a water supply system at the market has ensured the community has the means to follow safety measures, such as handwashing, in otherwise essential public spaces, enabling them to continue with their daily lives and livelihoods. 

“We are grateful that Mercy Corps and its donor heard our cries for help," says Gerard, who makes rounds of the market each morning with his microphone in hand to raise awareness on handwashing, cleanliness and the proper use of the market latrines. 

Gradually, customers and vendors are beginning to return, including M. Lwanzo, a vegetable vendor who stopped coming to the market because of the risks. "I was very worried about my health and that of my unborn baby. It is only since the work on these new latrines has finished that I have come back to the market," she said. 

Importantly for Mercy Corps, the project has strengthened trust with local communities and laid the groundwork for increased partnership towards infection prevention and control efforts, before, during and after epidemics. 

"I will work to protect the sanitation and hygiene infrastructure in our market so that this Ebola virus disease does not wipe out my community," said Gerard, raising his hands to show his determination.